jeudi 13 novembre 2008
Mille morceaux
Pour la première fois depuis longtemps, je me sens fragile. Fragile, un mot qui n'avait jamais trop voulu dire quoi que ce soit tellement je m'étais appliquée à être forte. Mais, je ne veux plus l'être. Je n'ai plus envie d'être forte, solide et droite. Je n'ai plus envie de dire "oui" et "tu verras, je crois en toi". Je n'ai plus envie de toutes ces choses qui me disent forte.
Car je ne le suis plus.
Ce n'est la faute de personne puisque c'est un choix. Et, comme tous les choix, il faut l'assumer. Alors, je l'assume. Tant mal que bien. Soir et matin. Seul ou accompagnée. Je l'assume jusqu'au bout.
Oui, je suis fragile. FRAGILE, folle et éveillée. Fragile puisqu'à peine née...
[Et il n'y a rien à regretter parce qu'alors ce ne serait plus de la fragilité mais de la faiblesse]
mercredi 16 janvier 2008
It's raining
Que de pluie.
Et ils se déchirent. A l'alcool, à la drogue et à la baise.
Que de pluie. Et tant de flaques où ils s'observent.
Suis-je beau, se demandent-ils, mais ils connaissent déjà la réponse. Suis-je belle, demande-t-elle, et elle n'attend pas la réponse.
Elle a les yeux cernés de noirs et des cernes grosses comme des oeufs. Elle a les cheveux sec, épais et ternes. Elle a la glotte tendue, hypertrophiée et érigée comme un sexe d'homme.
Elle a le regard peint par la boue qui suinte de ses oreilles. Elle a les lèvres roses et rouges comme les nuques qu'elle poinconne.
Mais que de pluie. Que de pluie.
Et ils s'éparpillent. Au feu, à la poudre et à l'artifice.
Que de pluie. Et tant de choses à faire et qui ne le seront jamais. Que de pluie, et tant de gouttes sur nos tempes contre les draps. Tant de gouttes sous nos paupières closes par le chagrin. Tant de gouttes sur l'aiguille qui pince, pique et pénètre.
Que de pluie... que de pluie.
Mais une pluie qui n'efface pas. Une pluie qui ne ne fait que creuser les sillons, les ridules et les orbites creuses de nos faces humaines.
Que de pluie. Que de pluie.
Et tandis que je parle de vous, je le regrette déjà.
Que de pluie. Que de pluie que vous ne méritez pas.
Que de pluie.
dimanche 28 octobre 2007
Les yeux...
...en face des trous avec Mes Nouvelles Lunettes... o-o

mercredi 17 octobre 2007
Star Green
Dix huit ans. Comme toi. Dix huit ans. Et en même temps que
ton anniversaire, se fête le compte des années de notre amitié. Là-haut. Au
septième.
Dix huit ans. Et nous savons toi et moi que cela ne veut pas dire grand
chose... Tu possèdes déjà à mes yeux l'intelligence de la jeunesse et quelques
touches de maturité que certains ne toucheront jamais.
Mais maintenant, tu vois, tu peux conduire, boire et aller dans ces endroits
aux tentures de velours et aux objets imitant la réalité.
Mais à part ça?
A part ça, je n'ai que des voeux pour toi, que des pages blanches comme des
ordonnances, que mon souffle pour te porter plus haut. Je n'ai que mon
affection et mes souvenirs - lumineux et clinquants comme nos rires - pour
penser au futur qui t'attend, aux futurs qui t'attendent.
Et ce soir, j'écris pour te chuchoter mon amitié et toutes ces choses que nous
avons vécues. J'aurais voulu être là, si tu savais. J'aurais voulu te serrer
dans mes bras et te dire combien tu es grande et belle maintenant. J'aurais voulu
partager un bout de chocolat et voir briller tes yeux. Mais je ne suis pas là
et nous rattraperons le temps perdu. Nous rattraperons ces nuits sans nous
parler, ses jours sans se balader, ses matin sans les essences de Cluny et ses
après-midis sans les chaises du Luxembourg. Nous rattraperons nos écharpes et
nos doigts glacés au fond de nos histoires aux scénarii insensés. Nous
rattraperons ces instants manqués par d'autres plus longs, plus forts et plus
intenses. Nous les rattraperons, je te le promets.
Mais d'ici là, laisse-moi juste de souhaiter un bon anniversaire, mon amie.
lundi 8 octobre 2007
Little brother
C'était un frère. C'était ton petit frère. Et toute ma vie, je crois, je me souviendrais de ce moment. Neuf heure vingt-quatre, couloir du premier étage, bâtiment H. Ta voix basse, lourde, empreinte d'un chagrin que je saurais pas plus consoler aujourd'hui qu'hier.
Car vois-tu, mon amie, je n'ai pas de frère pour connaître
ta douleur. Je n'ai pas de frère pour savoir te consoler.
Que dire? Que dire à part mon silence? Que dire quand tous
les mots que j'aime tant ont disparu? Que dire? Il n'y avait personne pour me
souffler la phrase qui t'aurait fait te sentir mieux (mais existe-t-elle
seulement?). Il n'y avait personne à part toi et moi. Il n'y avait personne et
pourtant, des dizaines d'étudiants nous bousculaient comme nous bloquions le
passage.
Tu as ouvert ton portefeuille pour me montrer sa photo (c'est
toi qu'il l'avait prise autrefois) et avec elle, le faire-part autrichien que
j'ai pas eu besoin de traduire… Ton frère souriait à gauche et la mention de son
âge semblait brûler mes yeux à l'acide. J'aurais pu pleurer devant tant de
douleur… devant tant de tristesse et de… jeunesse.
Mais il ne s'agissait pas pleurer. Non, mon amie, il ne
s'agissait pas de pleurer. Il s'agissait seulement
d'écouter ton accent disparaître peu à peu comme si la
peine était devenu un langage propre. Un langage universel, résonnant contre les murs de ta vie un peu moins claire.
dimanche 16 septembre 2007
Incompatibilité
Hurle. Cris. Raconte. Que je ne t'écoute pas.
Parce que les voilà ceux qui parlent, hurlent, crient, racontent mais ne s'écoutent pas.
Parce que eux, tu vois, leur vie est tellement dure qu'il faut absolument qu'ils en parlent. Et parce que toi, tu vois, ta vie est tellement terrible que tu dois irrésistiblement l'exposer. Parce que, moi, tu vois.
Parle le matin. Parle à midi. Parle soir. Et parle la nuit.
Parle, submerge, rempli, écoeure. Mais parle.
Tu n'existes que pour ça. Tu ne vis qu'à travers ça. Qu'à travers tes dialogues hermétiques. Qu'à travers la stérilité de ton langage.
Tes enfants vivent dans la bouche du désert. Tes lumières vivent dans le zéro absolu. Tes paroles... tes paroles sont autant de poussières - granuleuses et informes - qui naviguent entre les hommes.
Puisque tu n'es que la cruche toujours pleine, que l'ivrogne toujours gris, que l'homme toujours seul.
Parle. Parle. Parle.
Que ta voix s'échappe vers une impasse.
Et, s'il te plait, prends-toi le mur. Celui du fond. Celui en brique. Celui qui te fera hurler. De douleur, cette fois.
Le Rocher
Voilà, j'ai posé un nouveau décor...
A la base c'est une photo de la baie de Monaco. Celle-ci a été travaillée sur ordinateur pour lui donner un aspect plus... surréaliste. ^___^
mercredi 12 septembre 2007
Décor
Je suis lasse de ce skin. Il faut que je change.
J'ai envie de nouvelles nouvelles nouvelles couleurs...
samedi 8 septembre 2007
Les écluses du ciel
"Les écluses du ciel étaient prêtes à s'ouvrir d'un moment à l'autre"
Luis Sepulveda
Je trouve cette image très belle. Elle est extraite du roman Le vieux qui
lisait des romans d'amour. C'est un livre que j'ai étudié au collège et
que j'ai relu hier soir. J'ai été pétrifiée par les mots de l'auteur et en même
temps, j'ai été fascinée.
Le récit nous arrache de notre réalité comme le fait
la pince du personnage du dentiste avec les dents des gringos. Les phrases sont
gluantes comme la boue de la forêt amazonienne si bien décrite. L'histoire est
à vif, faite d'analepses rusées et tranchantes comme les griffes des ocelots.
Un moment donc – une heure peut-être pour ces 120 pages tout juste – je me suis
replongée dans la lecture plaisir. Or c'est une activité que j'avais abandonné.
Ne me
demandez pas pourquoi… Je ne sais pas trop moi-même. C'est sûrement comme le
dit Ronez (prof d'info-com et bloggeur) parce qu'on est habitué à la lecture-instant d'internet pratique et
choisie. Mais je sais aussi que c'est un peu à cause de l'argent que je n'ai
pas pour m'acheter 3 heures maximum de lecture à 20 euros.
Bref, relire cette œuvre m'a fait du bien et rien que pour le plaisir je vous mets deux extraits de plus :
"Je t'ai apporté deux livres.
Les yeux du vieux s'allumèrent.
_ D'amour ?
Le dentiste fit signe que oui. […]
_ Ils sont tristes? demandait le vieux.
_ A pleurer, certifiait le dentiste.
_ Avec des gens qui s'aiment pour de bon ?
_ Comme personne ne s'est jamais aimé.
_ Et qui souffrent beaucoup?
_J'ai bien cru que je pourrais pas le supporter."
"[…] ce qu'il aimait par dessus tout imaginer, c'était
la neige.
Enfant, il l'avait vue comme une peau de mouton mise à sécher au balcon du
volcan Imbabura, et ces personnages de romans qui marchaient dessus sans
crainte de la salir lui semblaient parfois d'une extravagance
impardonnable."
Cela ne rend pas vraiment justice au roman qui est construit
un peu comme une intrigue policière mais il s'agit de passages que j'ai
aimé.
A part ça, que dire ? J'ai été bloquée côté écriture
aujourd'hui mais j'essaie de me forcer. Sauf que je crois que pour ce soir,
c'est mort. Je suis gavée de Socca (plat traditionnel niçois : galette à base
de farine de pois chiche cuite au feu de bois). C'est mon père qui l'a préparée
et d'ailleurs le repas a été étonnant calme puisqu'il n'y avait que mes parents
et moi. Sans ma sœur, la terrasse n'a donc accueilli aucune remarque
désobligeante et les lumières du jardin ne se sont pas éteintes sous sa
mauvaise humeur. Et ça, putain, ça a fait du bien ! ^__~
mercredi 5 septembre 2007
Essence ordinaire
Je suis sortie de chez moi, aujourd'hui. J'ai perdu cinq centimètres de cheveux et j'ai étonné quelques personnes en disant que je reprenais la fac dans quelques jours.
Demain aussi je vais sortir. Ma mère m'a demandé que je m'occupe de son ordinateur au travail.
Car tu ne m'appelles que quand tu as besoin, maman. Tu ne me parles que pour t'écouter parler, maman. Tu ne m'écoutes que quand je répète tes phrases, maman.
Mais sache maman, sache que tu n'es pas Papa
Parce que Papa, tu sais, parfois j'ai envie de le serrer dans mes bras comme si j'avais six ans, j'ai envie de l'embrasser comme s'il allait partir, j'ai envie de lui emmêler les cheveux comme si l'on était des gamins. Je ne sais pas d'où me viennent ces désirs mais ils sont là, lancinants et frustrants. Car, Papa, je n'ose pas. Je n'ose pas te dire "je t'aime", "je t'aime" tout simplement. Même quand je donne l'impression de te haïr.
Alors que toi, maman... toi... je... je rien, en fait.