mercredi 9 juillet 2008
Lettre à Belle
Chère Belle,
Vois comme le temps a passé depuis le jour où je parlais de toi sur un blog qui s'appelait "Maux de vie". Vois comme notre amitié est toujours là, plus puissante et plus intense qu'avant. Vois comme tu ne sais toujours pas toutes ces choses que je sais faire et ait faites pour d'autres. Vois comme mon mensonge qui n'en est pas un - je ne te dis pas tout, c'est tout - n'est rien par rapport à ce qui nous arrive.
Tu m'as téléphoné, hier, Belle. Tu m'as téléphoné.
Allô?
Ooooh bonjour ma belle... comment ça va...
Tu n'allais pas bien, Belle mais j'ai quand même posé la question. C'est ainsi, c'est l'habitude.
Ben... en fait...
Ca ne va pas, hein ? Je sais que ça ne va pas.
Alors tu m'as expliqué combien la douleur était forte et, pour la première fois de ma vie, je t'ai entendu pleurer. La seule chose que je voulais te dire était : je t'aime. Je t'aime, Belle.
Oui, je t'aime et s'il le faut je t'aimerai pour eux, pour tous. S'il le faut, t'ai-je dit, j'irais les voir pour les tuer car, quand je t'entends si désarmée face à un bonheur qu'ils écrasent, je pourrais fendre des dragons et violer toutes les lois, règles et fois de ce monde.
Pour toi, Belle, j'arracherais leur coeur pour qu'ils le voient battre et qu'ils se rappellent que c'est toi qui, souvent, le fait vivre. Pour toi, Belle, je serais méchante, vile et cruelle. Pour toi, Belle, j'extirperais de leur sang les particules d'amour qu'ils veulent te cacher. Pour toi, Belle, je ferais tout mon possible puissent-ils être impossibles avec toi. Pou toi, Belle... Oh, mon amour pour toi, Belle, n'est rien d'autre que l'arme qui les anéantira tels qu'ils sont aujourd'hui et qui les animera d'une nouvelle, pure et franche acceptation de ce que tu es en train de vivre.
Je serais seule ce jour là... il n'y aura personne de ma famille...
Non, tu ne le seras pas... je serais là... pour t'aimer.
Avec toi, Belle, les mots aimer, amour et je t'aime sont facile à dire puisque tu es la première, je pense, à me les avoir offerts si naturellement. Tu es la première aussi à m'avoir tenue la main dans la rue, comme ça, comme des amies, comme des Amies qui s'aiment d'âme à âme. Dis, Belle, tu te rappelles de cette phrase ? Les amies sont celles qui s'aiment d'âme à âme. Pour nous, cette phrase sortie du cours de français a d'abord été une plaisanterie et puis... et puis elle a été une évidence. Nous nous aimons, Belle, non comme des amantes mais comme des Amies. Voici pourquoi je souffre de ta souffrance, je pleure de tes pleurs et je violerais les auteurs de la violence dans ton coeur.
Belle, ma toute belle, ces mots, hélas, ne sont rien face à mes absences toujours plus longues dans ta vie... mais quoique tu veuilles, ressentes ou implores, sache que je le ferais avec toi. Belle, n'oublie pas combien tu es belle jusqu'à ta tristesse, jusqu'à tes pleurs, jusqu'à ta façon de vouloir sauver ceux qui voudraient te perdre. N'oublie pas qu'avant les autres, pour moi, il y aura toujours toi et que mes crocs suceront le sang de ceux qui s'abreuvent de tes sanglots. A la mort, à la vie. Je t'aime.
Je dois aller travailler, je te laisse.
Appelle-moi dès que tu veux.. même la nuit. Bisous...
...Bisous.
A.
jeudi 24 janvier 2008
Lettre N°1
Chère Narcisse,
Je t'écris pour te dire que je sais tout de toi. Je sais les larmes qui ont ruisselé sur tes joues, je sais les heures blanches que tu as passé devant ton écran, je sais les insultes muettes que tu as jeté à leur visage. Je sais tout de toi, Narcisse et la première chose que je vois est que tu ne vas pas bien à cause de ça.
Tu y penses sans cesse. Tu y penses même quand tu ris comme ils s'y attendent, quand tu râles comme ils s'amusent, quand...
Narcisse... Je pense à toi et je me dis qu'il faudra faire ton deuil. Un deuil qui ne sera pas fait de draps noirs et de signes de croix. Non, ce sera un deuil sourd fait de rancune et de regards mauvais. Tu ne leur pardonneras jamais et cette histoire se rajoutera à toutes les autres. Oh, que la liste est longue... Que la liste est longue, Narcisse...
Tu ris, je t'entends d'ici. Et tu y penses.
Chaque matin quand tu lèves, tu te laves les mains, étonnée de les voir toujours blessées par les tessons, toujours recouvertes de poussière, toujours livides comme le fantôme de ton rêve brisé.
Tu hausses les épaules, je te vois d'ici. Et tu y penses.
Chaque nuit quand tu t'endors, tu regrettes de ne pas avoir dit ce qu'il fallait dire, de ne pas avoir été ce qu'il fallait être, de ne pas avoir su où il fallait naître.
Ma chère Narcisse, je te connais bien... Deux jours déjà, et peut-être trois quand tu liras ma lettre. Ma chère Narcisse, ne t'en veux pas. Tout ira mieux. Tout ira bien. Même sans eux. Même avec toi.
D'ici là, je suis là. N'oublie pas tes autres rêves, ceux qui sont les mêmes que les miens, ceux qui sont pour demain. N'oublie que nous sommes une et qu'il est de notre nature de viser la lune.
A.