jeudi 29 janvier 2009
Les femmes d'a.
Trop de temps sans écrire.
Trop de choses qui se passent. Et qui ne se passent pas.
Il faut que je m'y remette sérieusement, j'ai peur d'oublier comment décrire, modeler et peindre les instants et toutes les paillettes de l'infraordinaire. Je vais essayer de m'y remettre à mon PC, à mon clavier, à mes mains tapant dans la nuit blanche. Je vais essayer d'aller ailleurs ou de m'habituer enfin à cette machine qui n'a jamais encore réellement accueilli mes textes.
C'est dur de changer. De ville, de temps, de rêve.
C'est dur de voir la solitude, l'incertitude et les mois défiler sans avoir eu le temps de déchiffrer tous les panneaux de direction.
Par ici. Par là. Stop. Sans issue. Cédez le passage. Non, je ne veux pas de tout cela. Je veux m'engager dans une voie
prioritaire. Je veux exister, merde!
mardi 16 décembre 2008
Bulle de gnome
Une toux forte ne me quitte pas. Elle secoue mon corps, brisant mon souffle dans ma trachée. Elle martèle mes oreilles, obstruant ma vue de sa violence. Elle tape, tape, tape, tape. Là, dans mon gosier, telle une bête tapie dans l'obscurité, elle chatouille les murs de sa cachette. Pas de bruit. Pas de bruit. Retiens ton souffle. Rien ne doit passer. Ou sinon...
Sinon, la revoilà. Elle crache, crache, crache, crache. Elle déborde, elle racle, elle arrache. Et un goût de fer ruisselle doucement dans mon oesophage. Les yeux humides, j'halète. J'ai l'impression d'avoir couru un cent mètres. Tous mes muscles crissent et mon dos s'étire sous la douleur des courbatures.
Mais l'acalmi ne dure pas. Un mouvement de tête trop brusque réveille à nouveau la bête velue et, dans un élan qui vaut mille sauts, me voici en train de tousser, tousser, tousser, tousser...
Dans un geste rapide, j'attrape une plaquette argentée. Un bonbon rose se noit dans ma bouche et, tandis que je sens encore mes veines palpiter contre mon crâne, la drogue sucrée s'écoule dans mon estomac.
Au fond, la bête feule. J'entends son râle, c'est le cri d'un animal blessée. Elle feule et feule encore, suppliant le glucose de ne pas la tuer, de ne pas l'engluer. Mais, soudain, sans un mot de plus, le silence se fait. La bête s'est enfin endormie et moi... Moi, j'ai un peu moins mal (jusqu'à la prochaine pastille).
dimanche 7 décembre 2008
Les épines de mes lauriers
J'ai du mal à travailler.
Ok, j'ai toujours eu du mal à m'y mettre, à faire les choses à l'avance, à ne pas être prise par le temps. Mais là... Là, j'ai atteint un degré d'inaction proche du suicide scolaire.
C'est simple, je ne fais rien, RIEN. Et, pire, ça ne me fait même pas stresser. C'est comme si j'aimais le danger, comme si je voulais me tester dans les pires conditions possibles, comme si... j'en avais rien à faire.
Peut-être qu'en venant dans cette fac, j'ai perdu quelque chose. Je ne sais pas quoi. Peut-être un peu de magie, peut-être un peu de peur. J'ai l'impression que quelque chose en moi veut se reposer sur ses lauriers. Comme s'il ne me fallait que contempler les jours qui passent et attendre que tout vienne naturellement, sans travail, sans effort, sans envie.
D'ailleurs, je devrais y être. Présentement. Je devrais écrire cette analyse bibliographique et non passer la soirée chez ma soeur à manger des spaghettis. Je devrais.
J'aurais dû.
Et alors ?
Je ne serai pas en retard. Je ne suis jamais en retard. Je ne serai juste à l'heure. Tout juste à l'heure. Il n'y a aucune raison d'en douter. J'ai confiance.
samedi 15 novembre 2008
Que tonne l'orage!
Je vais migrer.
Il y aura une bruine tiède et des ténèbres coulées au plomb. Je marcherai sur l'asphalte verni, chahutant les feuilles mortes. Dans le bruit sourd des battements de mon corps, je serai heureuse... ou ferai tout pour l'être.
Je prendrai le vol de nuit, celui où les étoiles s'éteignent et où la fumée de nos paroles blanchit jusqu'à l'aube. Aucun repas ne sera servi à bord et je me nourrirai d'autre chose... de la réalité, peut-être.
Il est temps de vivre mon temps et de voir le jour se lever...
Il est temps de vivre, je n'ai que trop tardé.
vendredi 1 août 2008
N'ayez pas peur...
Lu sur le blog d'Olivier Ertzscheid, maître de conf en com'
A lire en ligne ici
Bonjour,
Vincent Bolloré vient d'acquérir CSA.
Diffuseur de presse gratuite (Direct soir, Direct Matin Plus), de
médias télévisés (Direct 8 sur la TNT et l'ADSL), investisseur
principal de Havas, le voici maintenant à la tête d'un des principaux
institut de sondage d'opinion.
Sonder l'opinion d'une main, faire l'opinion de l'autre et tirer les fruits d'une troisième en vendant la publicité.
Ajoutons que Bolloré souhaite, en alliance avec Free et certainement
Google, se lancer dans l'internet au débit sans fil (dit Wimax), nous
avons un nouveau Citizen K en gestation.
Pas n'importe lequel. Il ne se cache pas de la volonté de maîtriser le
contenu de la presse et des médias qu'ils possède. Dans un interview à
Télérama du 6 novembre 2007, il annonce sans ambages : « Je ne suis pas
un investisseur financier, je suis un investisseur industriel. Je dois
donc avoir le contrôle de l'éditorial. »
Voici qui est au moins aussi clair que les "tranches de cerveau disponibles" de Patrick Le Lay, ex-patron de TF1.
Comment accepter une telle concentration des moyens d'inf... allez,
n'hésitons plus, ne dites plus "information", vous savez bien que c'est
"influence" qu'il faut prononcer.
Ce Bolloré, mais n'est-ce pas aussi celui qui offrit son jet privé à
Nicolas Premier pour l'inviter sur son Yacht privé à Malte, juste après
l'élection de ce dernier... le premier qui dit "corruption" a gagné un
paquet de cacahuètes.
Mais
bon, pas d'inquiétude, aujourd'hui dans "Le Parisien" Carla
Bruni-Sarkosy qui nous rassure : "C'est impossible de manipuler les
médias". Tiens, elle est invitée par Laurence Ferrari demain pour son
premier journal post-PPDA. Une amie de la "famille". Pas possible de
manipuler les ami(e)s...
Mais heureusement nous avons les "nouveaux médias" et l'internet... il
est temps que les gens sérieux s'en occupent. Tiens, ces parlementaires
européens qui ont voté lundi dernier les amendements liberticides pour
le "Paquet Télécom". Bientôt il faudra déclarer à son fournisseur
d'accès les logiciels que l'on va utiliser. Le renversement de toutes
les fondations de l'internet, et la fin de la "neutralité du réseau".
Et si vous n'aviez pas compris que l'industrie de l'influence +
l'industrie du contrôle sont les deux mamelles du monde moderne, c'est
EDVIGE qui va vous le rappeler. Un simple fichier d'innocents.. mais on
ne sait jamais, vous savez, ils sont jeunes, ils font de la politique
ou ils ont été témoins... vous nous laisseriez pas un peu d'ADN au
passage, on ne sait jamais.
Nous vivons une époque formidable.
Hervé Le Crosnier. [diffusé sur la liste biblio-fr le 10 Juillet 2008]
Sans commentaire. Enfin, presque parce moi, j'en ai les yeux qui brûlent : la ligne d'horizon - celle qui dessine mon avenir -me semble ce soir un peu moins claire et un peu plus trouble... Dehors, là, derrière ma fenêtre, il fait si chaud... mais dedans, là, devant mon écran, je tremble. N'ayez pas peur, braves gens : bientôt, nous aurons froid.